Bikepacking au Montana : d’Helena aux portes de Yellowstone
La deuxième moitié du Montana, c’est celle où les forêts s’effacent, où l’horizon s’élargit… et où l’eau vient à manquer ! Mi-juillet 2024, on quitte Helena, la capitale de l’État, et on descend la Great Divide Mountain Bike Route (GDMBR) vers le sud : 515 km et 5 984 m de dénivelé en huit jours de vélo, par Butte, la terrible descente de Fleecer Ridge, les sources chaudes d’Elkhorn et la ville fantôme de Bannack, jusqu’aux lacs de Red Rock, à deux pas de l’Idaho et de Yellowstone.
Dans le podcast, Marie-Liesse et moi avons tout raconté à chaud à Jean-Mi. Ici, je reprends les moments qui nous ont le plus marqués, et je te donne ce qu’il faut savoir pour pédaler dans le sud du Montana : l’itinéraire, les étapes, la chaleur, l’eau, où dormir et comment survivre à Fleecer Ridge (et aux mouches).
En bref
- Quand : du 13 au 20 juillet 2024, à deux, en pleine vague de chaleur.
- L’itinéraire : d’Helena à Upper Lake, dans la réserve de Red Rock Lakes, par Boulder, Basin, Butte, Fleecer Ridge, Elkhorn Hot Springs, Bannack, Clark Canyon et Lima.
- Le parcours : 515 km et 5 984 m de dénivelé positif en 8 jours de vélo (37 h de selle), dont une petite journée de 8 km pour rejoindre les sources chaudes.
- Le défi : la descente de Fleecer Ridge, annoncée à moins 26 %, et la chaleur : on s’arrête souvent vers 11 h pour déjeuner et se reposer, puis on roule jusqu’au coucher du soleil, très tard en juillet.
- Dormir : la salle communautaire de Basin (5 à 10 dollars par personne), des campings en libre-service où l’on paye avec une enveloppe, un lodge de sources chaudes et des hôtes Warmshowers.
- Les rencontres : un homme sorti de prison, un cycliste de 77 ans qui ronfle comme personne, et Lynn et Chip, nos grands-parents de route.
Notre itinéraire dans le sud du Montana à vélo
- Helena → Boulder → Basin : 83 km, avec une longue pause à l’ombre à Boulder aux heures les plus chaudes.
- Basin → Butte, la ville du cuivre : 63 km.
- Butte → un camping en libre-service : 61 km et 1 145 m de dénivelé, par une ancienne voie ferrée et des points d’eau à sec.
- Camping en libre-service → Fleecer Ridge → un camping à 8 km d’Elkhorn : 74 km et 1 271 m de dénivelé, avec la descente à moins 26 %.
- Camping → Elkhorn Hot Springs : 8 km, et une journée entière dans l’eau chaude.
- Elkhorn → Bannack → Clark Canyon Reservoir : 77 km, un détour par la ville fantôme, puis le vent de face.
- Clark Canyon → Lima : 58 km, par une ancienne voie ferrée plutôt que la trace officielle.
- Lima → Upper Lake Campground, dans la réserve de Red Rock Lakes : 92 km sans un arbre pour s’abriter.
| Jour | Étape | Km | D+ | Temps |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Helena → Boulder → Basin | 83 km | 1 284 m | 6h45 |
| 2 | Basin → Butte | 63 km | 783 m | 4h39 |
| 3 | Butte → camping en libre-service | 61 km | 1 145 m | 5h44 |
| 4 | Camping en libre-service → Fleecer Ridge → camping | 74 km | 1 271 m | 5h55 |
| 5 | Camping → Elkhorn Hot Springs | 8 km | 56 m | 0h24 |
| 6 | Elkhorn → Bannack → Clark Canyon | 77 km | 400 m | 4h22 |
| 7 | Clark Canyon → Lima | 58 km | 362 m | 3h17 |
| 8 | Lima → Upper Lake Campground | 92 km | 683 m | 6h05 |
| Total d’Helena à Red Rock Lakes | 515 km | 5 984 m | 37h12 |
Les temps sont des temps de selle, pauses non comprises.
Toutes nos traces sont sur la page Route & Stats, section « Banff > Sargents », et le détail de chaque journée sur le Strava de Julien.
Ce qu’on a vécu dans le sud du Montana
Deux Coca et une deuxième chance
Au sud d’Helena, le soleil cogne si fort qu’on a changé d’horloge : on s’arrête souvent vers 11 h pour déjeuner et se reposer, puis on roule jusqu’au coucher du soleil, très tard en juillet. À Boulder, l’heure de la sieste nous trouve devant un bar aux vitres opaques. On pousse la porte pour un Coca. Derrière, un monde : des pistes de bowling, des cibles de fléchettes, des billards… et en tout et pour tout, une serveuse et un client.
Au moment de payer, je fouille mes poches : pas assez de liquide pour deux Coca. La serveuse ramasse mes billets, puis plonge la main dans son pot à pourboires pour compléter, comme si c’était la chose la plus normale du monde. On en reste bouche bée !
Le client, lui, a de longs cheveux très noirs, la peau presque blanche et une canne posée contre le comptoir. Il veut tout savoir : le Canada, les ours, la douane. Puis, sans qu’on lui demande rien, il nous raconte qu’il sort de dix-sept ans de prison. Des bêtises de jeunesse, qu’il regrette. On ne cherche pas à en savoir plus : s’il est dehors, il a droit à sa deuxième chance. La chance, justement, lui manque. Une maladie lui ronge les os, l’État lui a coupé ses aides, et il n’a pas le droit de quitter le pays. Demain, il passe un entretien pour livrer des pizzas.
« Vous avez des photos du Canada ? » Je lui tends mon téléphone. Les montagnes défilent sous son pouce, et son regard s’allume comme celui d’un enfant devant une vitrine. Avant de partir en boitant, il veut nous offrir un verre. On refuse, évidemment. Je ne l’ai jamais revu, et je pense encore souvent à lui. Ce jour-là, j’ai mesuré ma chance : un passeport pour franchir les frontières, des jambes pour pédaler, et de quoi payer ce voyage.
Nuit blanche à Basin
Basin tient en une poignée de maisons. Mais tous les cyclistes de la Great Divide connaissent sa salle communautaire, où l’on dort pour 5 à 10 dollars. En attendant le soir, on s’installe au café, sous une télé qui n’a qu’un sujet : Donald Trump vient d’être blessé à l’oreille par un tireur, en plein meeting, en Pennsylvanie.
Une cliente se tourne vers nous. Si le candidat avait été tué, nous explique-t-elle très sérieusement, elle aurait décroché son téléphone sans composer de numéro et lancé : « C’est vraiment la guerre que vous voulez ? » Elle est persuadée que quelqu’un, quelque part, écoute ses appels. On repart du café avec plus de questions que de réponses.
Dans la salle, deux jeunes d’Helena partent pour un festival de musique à Butte. À la nuit tombée, débarque Pascal : 77 ans, des jambes de jeune homme, et une passion pour ses propres aventures, qu’il raconte à pleine voix pendant qu’on essaie de dormir. Le fou rire nous prend, impossible à étouffer ! On rit moins une heure plus tard. Pascal ronfle. Pas un petit ronflement : un moteur de tracteur ! Même Marie-Liesse, qui dort d’habitude comme une pierre, se réveille. Moi, je passe la nuit à siffler et à lancer ce qui me tombe sous la main dans sa direction. Rien n’y fait. Au matin, Pascal nous demande si tout le monde a bien dormi. Silence de cathédrale.
Butte, America
Sur la route de Butte, je suis si fatigué que Marie-Liesse me surprend en train de pédaler les yeux fermés. « Qu’est-ce que tu fais ? — Une sieste technique. » On en rit aujourd’hui, parce que je ne suis pas tombé !
Butte ne ressemble à aucune autre ville du Montana. Elle a poussé sur « la colline la plus riche du monde », au-dessus de ses mines de cuivre, avec des mineurs venus d’Irlande et de partout ailleurs. Ici, on ne dit pas « Butte, Montana », mais « Butte, America », et on le dit avec fierté. Nous, on y découvre surtout le free refill : Coca et thé glacé à volonté avec notre burger, dans un restaurant country. Le paradis des cyclistes !
On dort chez John, l’hôte Warmshowers qui a accueilli le plus de cyclistes de la ville, des centaines au total. Son garage est devenu un dortoir, des lits superposés occupent chaque recoin : la plupart des soirs, ils sont une quinzaine à dormir ici, certains jours jusqu’à trente, et John cuisine pour tout le monde. Ce soir, on est seuls avec lui, et la grande maison raconte une autre histoire : elle était faite pour deux, et sa compagne n’a jamais partagé son goût pour ces inconnus de passage. À trop ouvrir sa porte, peut-être s’est-il un peu oublié. Avant d’aller dormir, il nous donne deux conseils : quitter Butte par une ancienne voie ferrée, et se méfier d’une certaine descente à moins 26 %.
Sortir de la trace (enfin)
Il faut que je fasse un aveu. Au début de la Great Divide, je voulais la suivre à 100 %, comme les coureurs qui la bouclent en quelques jours. Chaque détour me semblait une trahison, même quand on était épuisés tous les deux. Puis Marie-Liesse s’est blessée, on a dû éviter un passage réputé infernal, et des dizaines de cyclistes nous ont avoué l’avoir évité eux aussi, pour ne pas pousser leur vélo pendant trois jours. Depuis, je respire. Et on se dispute beaucoup moins !
L’ancienne voie ferrée de John est devenue un joli single track, et derrière, le Montana change de visage. Les forêts de conifères s’effacent, les collines s’étirent à perte de vue. Une longue montée nous coupe le souffle, au propre comme au figuré. On est lundi matin, et on n’est pas au bureau !
Mais on a mal calculé notre eau. Les étangs dessinés sur la carte sont à sec, et le prochain point d’eau est à une journée et demie. À midi, on déjeune collés à la carcasse d’une caravane abandonnée, seule ombre à des kilomètres, une ombre qui rétrécit à vue d’œil ! C’est là que deux voitures s’arrêtent : un litre d’eau chacune, glaçons compris. Merci, inconnus prévoyants !
Le camping du soir fonctionne en libre-service : une enveloppe dans une boîte, et une pompe dont l’eau est si froide que notre douche improvisée nous fait mal aux jambes. Autour de nous, un homme qui vit à l’année dans son camping-car, et un oncle avec deux ados qui avalent la Great Divide à cent, parfois deux cents kilomètres par jour. Nous, avec nos 50 kg, on s’incline. Les vrais maîtres des lieux, pourtant, ce sont les chipmunks, de petits écureuils qui volent tout ce qui traîne, même un livre. Cette nuit, les sacoches dorment fermées à double tour !
Fleecer Ridge, le mur à l’envers
Ce matin-là, ça fait un mois qu’on roule. Marie-Liesse, qui pleurait dans chaque côte canadienne, le dit sans hésiter : le plus dur est passé. On a trouvé notre rythme, et même une routine. Le voyage au long cours en est rempli, contrairement à ce qu’on imaginait.
Trente kilomètres à la fraîche, et nous voilà au sommet de Fleecer Ridge, la descente la plus redoutée de la Great Divide au Montana, annoncée à moins 26 %. Beaucoup la contournent par la route. Nous, on veut la faire. Au sommet, on croise deux cyclistes qui viennent de monter ce mur dans l’autre sens, en poussant. À peine essoufflés. Des super-héros !
Retenir un vélo de 50 kg dans une pente pareille, avec la banane à la hanche et l’appareil photo qui bat la cadence en bandoulière, c’est une négociation permanente avec la gravité. Marie-Liesse passe devant et, contre toute attente, s’en sort bien mieux que moi. Quand elle se retourne, je suis à cinq mètres derrière elle et, vu d’en bas, au troisième étage d’un immeuble. Mais on arrive en bas, entiers !
Plus loin, on trouve Gary, un Britannique moins chargé et un peu plus pressé que nous, avec un pneu tubeless crevé dans la descente. Une heure de réparation, une mèche qui refuse de tenir, et un burger au bord de la route, offert par Gary pour nous remercier. Il reste cinquante kilomètres jusqu’au camping, dans un coin réputé pour ses ours, et on les avale d’une traite.
En fin d’après-midi, le ciel vire à l’orange. Ce n’est pas encore l’heure dorée : c’est la fumée d’un feu de forêt, à des dizaines de kilomètres. Quelques jours plus tôt, près d’Helena, une pilote d’avion bombardier d’eau s’est tuée en combattant l’un de ces incendies. On y pense longtemps, ce soir-là.
Elkhorn, l’art de ne rien faire
À huit kilomètres de là, Elkhorn Hot Springs nous offre exactement ce dont on rêvait : un lodge en bois au milieu de la montagne, et des bassins d’eau chaude naturelle. On y passe une journée entière à ne rien faire. Un bonheur monumental !
Seul défaut, les murs. Si fins qu’à 5 h du matin, on profite en direct du départ de trois cyclistes américaines de 51 ans, débordantes d’énergie, qui plient bagage comme si elles campaient seules au milieu des bois. Dans la chambre voisine, un client finit par hurler, en anglais, que les gens ne respectent plus rien. Sous la couette, on pleure de rire en silence.
C’est aussi à Elkhorn qu’on rencontre Lynn et Chip, un couple de retraités qui fait lui aussi la Great Divide. Le courant passe en trois phrases. Ils repartent un jour avant nous, mais on se promet de se retrouver.
Bannack, la ville où le temps s’est arrêté
Il reste trois jours jusqu’à Lima, et nos sacoches sont presque vides. Heureusement, on ne voyage pas à deux mais à trois. Notre troisième compagnon, c’est le carnet de route d’un cycliste, publié il y a cinq ou six ans sur Crazy Guy on a Bike, un site de récits de voyages à vélo. Il a tout noté : chaque point d’eau, chaque épicerie, presque chaque fleur. Il annonce un petit country market un peu plus loin. Avec un carnet aussi ancien, on tombe parfois sur une porte close. Celle-ci s’ouvre sur une grand-mère adorable et des étagères pleines. Ouf !
Lynn et Chip nous ont conseillé un détour par Bannack. On s’attend à un Disneyland du Far West, repeint de frais. On découvre une cinquantaine de bâtiments en rondins des années 1860, simplement protégés du temps : l’école, l’hôtel, le barbier, l’épicerie, la prison. À l’intérieur, les papiers peints, les photos et les meubles sont restés à leur place. On passe d’une maison à l’autre comme des fantômes en visite chez des fantômes !
Un guide nous entend parler français et nous répond dans un français parfait : son arrière-grand-mère était alsacienne. Il nous raconte la découverte d’or de 1862, la ville qui se remplit de milliers de chercheurs en quelques mois, et qui devient même, en 1864, la première capitale du territoire du Montana. Puis l’or s’épuise, et tout le monde s’en va. Bannack est aujourd’hui un parc d’État, figée dans son dernier souffle.
Clark Canyon, sous la pleine lune
Sur la piste qui file vers Clark Canyon, un vent de face nous cloue sur place. Au loin, deux petits points colorés grossissent lentement. Ce sont Sarah et Tom, deux Britanniques partis de Patagonie, en route vers le Canada, sur les mêmes vélos que nous, des Tumbleweed Prospector. Une demi-heure de matos et de guidons au milieu de nulle part, puis un tuyau précieux : une ancienne voie ferrée mène à Lima bien plus facilement que la trace officielle.
Au camping de Clark Canyon Reservoir, la pompe est à sec, et l’eau brune du lac ne nous inspire pas. On frappe chez Nicole, installée au bord de l’eau. Elle nous donne de l’eau, des fruits, et nous laisse dormir sous l’abri qu’elle a réservé pour ses amis. Le soleil se couche, une pleine lune immense se reflète dans le lac, les enfants jouent autour du feu, les chiens courent partout. Marie-Liesse part se coucher. Moi, je reste encore un peu, hors du temps.
Lima, le camp de base
Le lendemain, on prend la voie ferrée de Sarah et Tom. On est fatigués, à court de nourriture, et on n’a plus rien à prouver à personne. À Lima, surprise : Lynn et Chip sont là, mais aussi Dino et Suzy, croisés chez nos hôtes d’Helena, avec des amis à eux. Huit cyclistes au même motel, plus les trois Américaines d’Elkhorn : Lima devient le camp de base de la Great Divide !
On dîne avec Lynn et Chip. Ils se sont rencontrés grâce au vélo, ont sillonné les États-Unis et le Canada à la force des mollets, font autant de kilomètres que nous chaque jour… et sont végétariens, quand on a l’impression de ne tenir qu’à coups de viande. Ce soir-là, ils deviennent nos grands-parents de substitution !
Le paradis des mouches
De Lima au camping d’Upper Lake, il y a 92 km à travers la réserve de Red Rock Lakes, sans un arbre pour s’abriter. On a prévu de partir tôt. On oublie le réveil. À 9 h, frais comme des fleurs, on découvre que tous les cyclistes sont partis. Nouveau défi : les rattraper tous et arriver les premiers au camping !
On roule seuls une bonne partie de la journée. Un troupeau d’antilopes d’Amérique galope presque à notre hauteur, et les cerfs sont si nombreux qu’on ne peut plus photographier un paysage sans en avoir un dans le cadre. Puis on aperçoit les trois Américaines. On se cale l’un derrière l’autre, en position de course, et on les double avec un grand « à ce soir ». Les autres tombent un par un. On arrive premiers ! Tout le monde nous rejoint en moins d’une heure : on est les plus chargés, mais aussi les plus jeunes.
Le camping est superbe : six emplacements, un lac en contrebas, un coucher de soleil rose et violet. Et des mouches. Pas des mouches qui tournent autour de toi, non : des mouches qui te grimpent dessus. Impossible de rester assis, tout le monde mange en marchant, en sautant, en battant des bras. Vu de loin, on doit ressembler à une secte en plein rituel !
Je finis par trouver le seul refuge sans mouches : les toilettes. Je m’allonge sur le sol frais, enfin en paix. Marie-Liesse ne met pas longtemps à me trouver… et me rejoint. Jusqu’à ce que quelqu’un veuille, curieusement, utiliser les toilettes ! À la nuit tombée, les mouches disparaissent, et on dîne tous ensemble en refaisant la journée.
Au revoir, le Montana
Le Montana a été notre premier État américain, et un peu plus de trois semaines ont suffi pour qu’on s’y attache. On y a découvert la culture américaine, ses burgers et ses stations-service qui ressemblent à des oasis, ses troupeaux en liberté au bord des routes, ses rapaces et ses cerfs à chaque virage. Et surtout ses habitants, souvent loin de nos idées, presque toujours d’une générosité désarmante. Le lendemain, on passe en Idaho, puis au Wyoming, direction Yellowstone !
Infos pratiques pour le sud du Montana à vélo
Rouler dans la chaleur
- En juillet, fais comme nous : arrête-toi vers 11 h pour déjeuner et te reposer, puis profite des longues soirées, le soleil se couche très tard.
- Emporte plus d’eau que prévu. En été, les étangs et ruisseaux indiqués sur les cartes peuvent être à sec, et certaines pompes de camping aussi (comme à Clark Canyon). Filtre ce que tu trouves.
- N’hésite pas à demander de l’eau aux automobilistes et aux campeurs : on n’a jamais essuyé de refus !
Fleecer Ridge, le passage redouté
- La descente de Fleecer Ridge, entre Butte et Wise River, est l’une des plus raides de la Great Divide (annoncée à moins 26 %), sur un sol caillouteux et glissant. La plupart des cyclistes la descendent à pied, en retenant leur vélo.
- Casque obligatoire, et range tout ce qui ballotte (banane, appareil photo).
- Si tu es trop chargé ou fatigué, une route goudronnée le long de la rivière permet de l’éviter.
Se ravitailler
- Entre Butte et Lima, les épiceries sont rares : prévois au moins trois jours de nourriture d’avance.
- Les récits en ligne, comme ceux de Crazy Guy on a Bike, indiquent les points d’eau et les magasins, mais certains datent : vérifie les horaires quand tu as du réseau.
- La nourriture coûte cher aux États-Unis, surtout dans les stations-service. Bonne nouvelle, le Montana n’applique pas de taxe sur les ventes !
Où dormir dans le sud du Montana
- La salle communautaire de Basin : 5 à 10 dollars par personne, très connue des cyclistes de la Great Divide.
- Les campings en libre-service : tu paies en glissant une enveloppe dans une boîte. Certains ont une pompe à eau potable.
- Elkhorn Hot Springs : un lodge avec des bassins d’eau chaude naturelle, idéal pour une journée de repos.
- Warmshowers : à Butte, John a accueilli des centaines de cyclistes, parfois trente le même soir dans son garage transformé en dortoir.
- Les campeurs : quand tout est réservé, demande. Nicole nous a prêté son abri à Clark Canyon.
Feux de forêt et petites bêtes
- En été, les feux de forêt sont fréquents : un ciel orangé signale souvent un incendie, même lointain. Consulte les cartes d’incendies (InciWeb) et les fermetures de routes avant de partir.
- Les chipmunks volent tout ce qui traîne : ferme tes sacoches, même pour une minute.
- Autour des lacs de Red Rock, les mouches peuvent être insupportables en juillet. Prévois des vêtements longs et un répulsif.
Butte et Bannack, l’histoire minière du Montana
- Bannack : en juillet 1862, la découverte d’or y déclenche la première grande ruée vers l’or du Montana. En 1864, la ville devient la première capitale du territoire du Montana. C’est aujourd’hui un parc d’État, avec plus de cinquante bâtiments d’époque.
- Butte : à la fin du XIXᵉ siècle, ses mines en font l’une des premières productrices de cuivre au monde, d’où son surnom de « colline la plus riche du monde ». Ses mineurs venus d’Irlande et d’ailleurs lui ont laissé un autre surnom, « Butte, America ».
Tes questions sur le sud du Montana à vélo
C’est une descente très raide et caillouteuse entre Butte et Wise River, annoncée à moins 26 %. La plupart des cyclistes la font à pied en retenant leur vélo, et une route goudronnée permet de l’éviter.
À la salle communautaire de Basin (5 à 10 dollars par personne), chez les hôtes Warmshowers de Butte, dans les campings en libre-service, au lodge d’Elkhorn Hot Springs ou au camping de Clark Canyon Reservoir.
Oui, c’est un petit détour depuis la Great Divide. Bannack est un parc d’État où l’on se promène librement dans une cinquantaine de bâtiments des années 1860.
Roule tôt le matin et en fin d’après-midi, fais une longue pause aux heures les plus chaudes, et emporte plus d’eau que prévu : en été, beaucoup de points d’eau sont à sec.
Nous avons parcouru 515 km et 5 984 m de dénivelé en 8 jours de vélo, journée de repos à Elkhorn Hot Springs comprise, soit environ 37 heures de selle.
Parce que Butte s’est construite autour de ses mines de cuivre avec des ouvriers venus du monde entier. Ses habitants revendiquent encore ce surnom, plutôt que « Butte, Montana ».
Les épisodes à écouter
Épisode 9 : « Nuit blanche au Montana » (Boulder, Basin, Pascal, Butte)
Épisode 10 : « Les chipmunks contre-attaquent » (la voie ferrée, l’eau, Fleecer Ridge, les feux)
Épisode 11 : « Le paradis des mouches » (Elkhorn, Bannack, Clark Canyon, Lima, Upper Lake)
Ils sont tous sur notre page podcast, sur Spotify, Apple Podcasts et Deezer. Le début du Montana, de la frontière canadienne à Helena, c’est dans la partie 1. Et la suite, Yellowstone et le Wyoming, dans les épisodes 12 à 14 ! Pour soutenir le blog, c’est par là !
Julien Roche
Julien Roche, cofondateur de Fast Won't Last. Depuis juin 2024, il traverse les Amériques à vélo avec Marie-Liesse, du Canada à la Patagonie, en privilégiant les pistes et le bivouac. Il raconte le voyage sur le blog et dans le podcast d'aventure à vélo du duo.
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