Bikepacking au Canada : nos débuts sur la Great Divide
Le Canada, c’est là que tout a commencé… avec deux vélos restés à Paris ! En juin 2024, on a atterri à Calgary pour commencer notre traversée des Amériques à vélo, puis rejoint Banff et la Great Divide Mountain Bike Route, la grande route gravel qui descend jusqu’au Mexique. Quelques semaines plus tard, on passait la frontière américaine avec nos premières frayeurs d’ours, nos premières larmes et nos premières grandes amitiés de voyage.
Dans le podcast, on a tout raconté à chaud à Jean-Mi. Ici, je reprends ces premières semaines avec un peu de recul, et je te donne tout ce qu’il faut savoir pour pédaler au Canada : l’itinéraire, les étapes, les ours, où dormir et les erreurs à ne pas reproduire.
En bref
- Quand : juin 2024, au tout début de notre voyage, à deux.
- L’itinéraire : de Calgary à Banff par Cochrane et la réserve Stoney Nakoda, puis la Great Divide de Banff à Eureka, dans le Montana.
- Le parcours : 564 km, 7 055 m de dénivelé positif et près de 45 heures de selle, commutes compris, en 7 étapes, dont 2 jours de Calgary à Banff et 5 jours sur la partie canadienne de la Great Divide (391 km), à travers les Rocheuses.
- Le relief : compte environ 1 000 m de dénivelé tous les 50 km, et des pentes jusqu’à 15 %.
- Les ours : on en a croisé plusieurs, dont un grizzly et un ours noir à cinq mètres. Bear spray obligatoire !
- Dormir : des campings souvent chers (une trentaine de dollars), des campings en libre-service où l’on paye en laissant l’argent dans une boîte, et des hôtes Warmshowers.
Notre itinéraire au Canada à vélo
- Calgary → Cochrane → la réserve Stoney Nakoda → Stoney Park Campground, par les pistes cyclables de la ville, puis des chemins de traverse pour éviter la Highway 1 : 78 km et 1 017 m de dénivelé, un peu plus de 6 h de selle.
- Stoney Park Campground → Canmore → Banff, le point de départ officiel de la Great Divide : 73 km et 976 m de dénivelé, encore un peu plus de 6 h.
- Banff → Pocaterra → Boulton Creek, dans le parc provincial de Kananaskis.
- Boulton Creek → Elkford par Elk Pass, en Colombie-Britannique.
- Elkford → Fernie, par deux chemins différents : le Koko Claims, un col hors catégorie, pour Julien, la route et un sentier de randonnée pour moi.
- Fernie → Eureka, la frontière, et le Montana.
| Jour | Étape | Km | D+ | Temps |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Calgary → Stoney Park Campground | 78 km | 1 017 m | 6h07 |
| 2 | Stoney Park Campground → Banff | 73 km | 976 m | 6h10 |
| Sur la Great Divide | ||||
| 3 | Banff → Pocaterra Campground | 85 km | 1 094 m | 6h45 |
| 4 | Pocaterra → Boulton Creek Campground | 22 km | 320 m | 1h34 |
| 5 | Boulton Creek → Elkford | 82 km | 883 m | 5h39 |
| 6 | Elkford → Fernie par le Koko Claims (la route de Julien) | 105 km | 1 752 m | 10h01 |
| 7 | Fernie → Eureka | 97 km | 806 m | 6h36 |
| Great Divide, partie canadienne | 391 km | 4 855 m | 30h34 | |
| – | Commutes à Banff et à Fernie | 21 km | 207 m | 1h41 |
| Total au Canada, commutes compris | 564 km | 7 055 m | 44h32 |
Les temps sont des temps de selle, pauses non comprises, et les commutes sont nos petits trajets en ville pendant les jours de repos.
Toutes nos traces sont sur la page Route & Stats, section « Banff > Sargents », et le détail de chaque journée sur le Strava de Julien.
La Great Divide Mountain Bike Route, c’est quoi ?
C’est l’itinéraire de bikepacking le plus célèbre d’Amérique du Nord : environ 4 340 km de Banff, au Canada, jusqu’à Antelope Wells, à la frontière mexicaine, en suivant la ligne de partage des eaux entre le Pacifique et l’Atlantique, d’où son nom (bikepacking.com). On roule surtout sur des pistes forestières et des chemins de terre, loin des villes.
C’est aussi le terrain de jeu de la Tour Divide, une course en autonomie totale qui part de Banff chaque année, le deuxième vendredi de juin. En 2024, les coureurs se sont élancés la veille de notre atterrissage à Calgary. Leurs vélos pèsent une vingtaine de kilos, les nôtres au moins 45 à 50 kg. Et certains avaient déjà fini quand on peinait encore dans les Rocheuses !
Sur la carte, la partie canadienne est la plus courte. Dans les jambes, c’est l’une des plus dures : la trace traverse les Rocheuses, avec des cols à répétition et une vue presque constante sur les sommets enneigés. Julien, évidemment, a choisi les variantes les plus difficiles.
Ce qu’on a vécu au Canada
Le grand départ, sans les vélos
15 juin 2024, aéroport de Paris. On fait nos adieux à nos familles et à nos amis pour un an, un an et demi, deux ans peut-être. On parle de ce voyage depuis si longtemps qu’il est devenu une blague dans notre entourage. Cette fois, c’est vrai ! Excitation, boule au ventre, derniers macarons et dernier croissant avant longtemps : je pars la fleur au fusil, pas vraiment entraînée, mais après une préparation très solide en fêtes de départ et en dîners entre amis.
Au dépôt des bagages hors format, le responsable de la sécurité tombe amoureux de notre projet. Il nous promet que nos vélos voyageront sanglés et chouchoutés, nous retrouve même sur le tarmac pour une photo, et nous laisse partir rassurés. On ne prend pas son numéro. À Calgary, devant le tapis des bagages hors format, on attend… et rien. L’AirTag glissé dans mon vélo est formel : il est resté à Paris.
Heureusement, Monique et Mike, des amis de la famille de Julien et nos tout premiers hôtes du voyage, viennent nous chercher à l’aéroport. Pendant quatre jours, Mike nous fait découvrir les plus beaux points de vue de Calgary, nous accompagne pour les derniers achats et nous apprend à allumer notre réchaud (on est terrifiés à l’idée de le faire sauter). Monique, elle, nous dorlote comme une grand-mère. Il pleut pendant quatre jours. Le jour où les vélos arrivent enfin, le soleil revient avec eux. Un signe !
Reste à les remonter. Julien roule en tubeless, et ses pneus, dégonflés pour l’avion, refusent de reprendre leur place sur la jante. Faute de compresseur, Mike sort un bout de ficelle, saucissonne le pneu arrière comme un Rambo du cyclisme et nous crie de gonfler vite. Le pneu claque. Miracle !
Premier jour : des vaches, une réserve et une liasse de dollars
Le 19 juin, on quitte Calgary par ses pistes cyclables, étonnamment nombreuses, avant de rejoindre la Highway 1. Quatre voies, une large bande d’arrêt d’urgence, des camions qui frôlent : pour un voyage censé se passer sur les pistes, on fait mieux. On bifurque donc vers les petites routes qui la longent… jusqu’à un panneau « No trespassing ». Faire demi-tour, c’est remonter tout le plateau et perdre une heure. On passe la barrière !
En contrebas, une vallée entière de vaches, et peut-être un ou deux taureaux. Je veux faire demi-tour. On continue. Avec nos sacoches et nos clochettes anti-ours qui tintent à chaque cahot, on doit être la chose la plus étrange qu’elles aient jamais vue : elles détalent à notre approche. Je crois qu’elles ont encore plus peur que moi !
Après Cochrane, une petite piste nous mène à la réserve de la nation Stoney Nakoda. Mike et Monique nous ont parlé de la place faite aux peuples autochtones au Canada, un sujet encore douloureux, et des réserves qu’on ne traverse pas sans y être invité. Devant une ferme à bisons, on demande donc l’autorisation à trois hommes qui discutent. Ils nous l’accordent sans hésiter, avec un conseil : la pauvreté a fait des ravages dans la réserve, l’alcool aussi, alors à chaque voiture, arrêtez-vous et rangez-vous sur le côté.
Les trente premiers kilomètres se passent dans un calme total, l’oreille tendue vers le moindre craquement qui pourrait trahir un ours. Puis les voitures arrivent. La première s’arrête à notre hauteur, et son conducteur, visiblement pas très frais, nous lance un « It’s a reserve, man… » sans appel. Trois ou quatre autres suivent, avec la même menace d’amende si le shérif nous trouve là. On s’excuse, on explique, et on finit par sortir de la réserve, sains et saufs, le cœur un peu lourd.
Le soir, on trouve un camping au milieu de nulle part, le Stoney Park Campground, à 30 dollars, une fortune pour nous. Mais dormir dehors, avec les ours, il n’en est pas question. Et comme il n’y a pas de réseau, le propriétaire ne prend que le liquide. Erreur de débutants ! Je repense alors à mon grand-père, Daddy, qui m’a glissé une liasse de dollars au moment des adieux, avec cette consigne : « Ce n’est pas pour t’acheter de la drogue ! » Daddy, sois rassuré : tes premiers dollars paient notre première nuit sous la tente.
Ce soir-là, après 78 km, on monte notre tente pour la première fois sur le continent américain et on avale nos premiers ramens. En allumant le réchaud tout seuls, on a une pensée pour Mike.
Le blues des premiers jours
Le lendemain, 73 km par Canmore nous mènent à Banff. La Great Divide commence enfin. Et pour moi, elle commence mal. La première étape doit faire 35 km, mais le camping prévu est fermé pour travaux : on en fait 85, avec plus de 1 000 m de dénivelé, du vent de face et la peur des ours à chaque virage. Le soir, je n’arrive même plus à sourire, et chez moi, c’est très mauvais signe !
Les jours suivants ne sont pas plus simples. Je pleure le soir, je pleure dans les côtes. Ma famille et mes amis me manquent plus que je ne l’avais imaginé, et j’ai le sentiment de seulement suivre Julien, bien mieux préparé que moi. Lui me répète avec patience qu’il faudra un mois à mon corps pour s’habituer. Pour me remonter le moral, il me montre aussi les sommets enneigés en me promettant qu’on n’aura de la neige que jusqu’aux genoux. Je le crois à chaque fois !
Pourtant, autour de nous, tout est féerique : des forêts de pins traversées de ruisseaux, de petites cascades, et ces montagnes blanches en face. Je sais que des gens rêveraient d’être à notre place. Je finis par remarquer que le moment où je craque arrive un peu plus tard chaque jour. Et qu’après un bon repas, tout va mieux !
Ce premier soir, justement, c’est un repas qui me sauve. À un carrefour, on demande notre chemin à un homme à vélo avec son fils. Il nous montre un camping en libre-service, où l’on paye en glissant l’argent dans une boîte que le ranger relève chaque semaine. Lui, c’est Jim. Avec Kristina et leurs deux enfants, de 5 et 8 ans environ, ils viennent de faire 25 km à vélo. Voyant nos têtes, ils nous proposent de partager leur dîner. On a nos sachets de ramens à offrir. Eux sortent un barbecue, des ribs et une dizaine d’accompagnements. Partager ou piller leur repas, à ce stade, ça revient à peu près au même ! Ils repartent en nous laissant des barres pour le lendemain et même du savon.
À écouter : épisodes 2, « Le grand départ », et 3, « Le blues des premiers jours ».
Un grizzly, Mel et un apéro « pas très canadien »
Le deuxième jour, sous la pluie, on aperçoit enfin notre premier ours, de loin, depuis la route, avec des voitures autour. Un moment tout en douceur ! Le soir, dans les douches du camping de Boulton Creek, on montre fièrement la photo à Mel, une Canadienne. Verdict : ce n’est pas un ours noir, c’est un grizzly ! La bête qui nous terrifie le plus, croisée dès le deuxième jour, sans le moindre drame.
Quelques minutes plus tard, une voiture s’arrête devant notre tente. C’est Mel et son mari : « C’est vraiment pas canadien de ma part, j’aurais dû vous inviter tout de suite ! » Direction leur camping-car, pour un apéro de chips de toutes les couleurs (Mel est diététicienne, mais en camping, ça ne compte pas) et une bière. Après des semaines sans alcool, une seule bière suffit à nous faire tanguer. On se couche à 23 h, avec un réveil à 5 h pour attaquer Elk Pass, ce passage emblématique de la Great Divide qui suit une ligne électrique sur la crête, entre l’Alberta et la Colombie-Britannique.
À écouter : épisode 3.
Une séparation risquée entre Elkford et Fernie
À Elkford, on décide de se séparer pour une journée, chacun son défi. Julien veut suivre la trace officielle, par le Koko Claims, un col classé hors catégorie que très peu de monde emprunte. Moi, je prends la Highway 3 jusqu’à Fernie, 65 km plus loin, en passant par Sparwood. Rendez-vous le soir chez Marie-Hélène et Johnny, nos hôtes Warmshowers. Julien me fait apprendre leur adresse par cœur, sans que je comprenne bien pourquoi. Je vais vite comprendre !
Ma journée. Sparwood n’a pas grand-chose pour elle, à part le Terex Titan, longtemps le plus gros camion du monde, exposé au bord de la route. Après 35 km de voitures lancées à toute vitesse, j’en ai assez de la Highway 3. Je repère des panneaux du Continental Divide Trail, le grand sentier de randonnée qui suit à peu près la Great Divide, et je décide de le suivre jusqu’à Fernie. Je ne le regrette pas : des forêts de sapins et de conifères, une odeur de résine et personne à des kilomètres. Seule ombre au tableau : c’est Julien qui a le bear spray ! Je croise James et Stéphane, de l’Adaptive Grand Slam Project, un collectif d’athlètes en situation de handicap rencontré le matin au camping, qui se rafraîchissent sous une cascade. Puis, à quelques centaines de mètres de Fernie, je tombe lourdement sur le gravier. Impossible de me relever. Ce sont eux qui me ramassent, téléphone en miettes, et m’accompagnent jusque chez nos hôtes. L’adresse apprise par cœur me sert bien !
La journée de Julien. Elle commence sous un grand soleil. Pour avoir une chance de voir un ours, il coupe sa musique et sa clochette. Vœu exaucé dès les premiers kilomètres de l’ascension, sur un tapis d’épines de pin qui craque sous les pneus : une énorme masse noire, une tête qui se tourne vers lui. Il applaudit, gesticule, et l’ours détale. Puis la piste se transforme en pierrier. Pendant 4 à 5 heures, il pousse et porte son vélo de 50 à 60 kg de rocher en rocher, pour 8 km à peine, avec seulement 2 litres d’eau. Deux motards, un père et son fils partis d’Alaska, poussent leurs motos à côté de lui : ils finissent l’ascension ensemble et tombent dans les bras les uns des autres au sommet.
La descente est aussi raide que la montée : il glisse, perd le filtre de son appareil photo, casse ses lunettes. En bas, au passage d’un pont, il tombe nez à nez avec un ours noir, à cinq mètres. Les rangers recommandent d’en rester à cent ! Julien sort son téléphone pour filmer, l’ours commence à le suivre, le téléphone retourne dans la sacoche et le bear spray sort. Il recule, hurle, et l’ours continue d’avancer, sans doute attiré par la banane accrochée à sa sacoche. Deux ou trois minutes interminables, puis l’animal s’éloigne. Un pêcheur à la mouche passe alors en 4×4. Quand l’ours revient, Julien le regarde le chasser à grands gestes, en criant et en tapant sur son capot. Son conseil pour échapper à un grizzly, en revanche, est moins rassurant : fermer les yeux et penser très fort à l’endroit qu’on préfère sur Terre.
Il fait entre 35 et 40 °C, Julien n’a plus d’eau, et le filtre est resté dans mes sacoches. Il boit l’eau d’une rivière sans la filtrer, gravit un dernier col sur ses dernières forces, et finit par passer devant un panneau : « Good luck to all the riders ». En retrouvant l’asphalte, il s’effondre en larmes. De fatigue, de soulagement, et surtout de fierté ! Il arrive à 20 h, après 105 km, dix heures de selle et une douzaine d’heures de route, pour me retrouver… dans un état déplorable. On reste quelques jours à Fernie, le temps que je puisse de nouveau tenir un guidon.
À écouter : épisode 4, « Une séparation risquée ».
Au revoir, le Canada
De Fernie, il ne reste qu’une étape jusqu’à Eureka et la frontière américaine. Avec le recul, cette section canadienne a été courte, mais intense : nos premiers ours, nos premières larmes, et une hospitalité qui nous a portés à chaque fois qu’on flanchait. Rouler face aux montagnes enneigées était un cadeau dont on n’a pris la pleine mesure qu’une fois arrivés dans les déserts des États-Unis.
Infos pratiques pour un voyage à vélo au Canada
Quand partir ?
On y était en juin, au moment où les coureurs de la Tour Divide s’élancent de Banff. Il restait de la neige sur les sommets et en bord de piste dans les cols, il a beaucoup plu les premiers jours, et on a eu jusqu’à 35-40 °C dans la journée la plus chaude. Prévois des vêtements pour tout ça à la fois.
Le relief et le terrain
- Compte environ 1 000 m de dénivelé positif tous les 50 km, avec des pentes jusqu’à 15 %.
- Les variantes les plus dures de la Great Divide comportent des portions de portage, voire de vrais pierriers.
- Les grands axes (Highway 1, Highway 3) ont une large bande d’arrêt d’urgence, mais beaucoup de trafic. Des pistes cyclables à Calgary et des sentiers comme le Continental Divide Trail permettent de les éviter.
Les ours
- Ours noirs et grizzlis sont de sortie de mai à octobre, surtout en Colombie-Britannique et en Alberta. On en a vu plusieurs en quelques jours.
- L’ours noir est le plus répandu : plus petit, il est réputé moins agressif. Le grizzli, une sous-espèce de l’ours brun, est bien plus gros, et on le reconnaît à la bosse qu’il a sur le dos.
- Garde ton bear spray à portée de main (pas au fond d’une sacoche) et reste à au moins 100 m. Si un ours approche, fais-toi voir et entendre : grands gestes, cris, bruit. Ne cours pas.
- La nourriture se range loin de la tente, en hauteur, ou dans les casiers anti-ours des campings. Ne laisse rien qui sente bon dans la tente, et pas d’eau de cuisson devant.
- Les clochettes anti-ours sont plutôt décoratives : d’après les rangers, elles servent surtout à repérer les touristes de loin.
Où dormir ?
- Les campings : souvent rudimentaires et assez chers (compte une trentaine de dollars), mais on n’a jamais eu besoin de réserver à vélo. Beaucoup ont des casiers anti-ours.
- Les campings en libre-service : on paye en glissant l’argent dans une boîte, et le ranger passe le relever. Ça marche sur la confiance.
- Le bivouac : possible, à condition de rester hors de vue de la route et de prendre toutes les précautions contre les ours. Au début, on n’osait pas.
- Chez l’habitant : le réseau Warmshowers nous a ouvert les portes de Marie-Hélène et Johnny à Fernie.
Argent, eau et logistique
- Le liquide : certains campings isolés n’ont ni réseau ni terminal de carte. Garde toujours quelques dollars.
- L’eau : les rivières ne manquent pas, mais il faut un filtre ou un purificateur. Et partir avec plus de 2 litres pour un col hors catégorie !
- Le transport des vélos en avion : mets un AirTag dans ton vélo et note le contact de la personne qui prend en charge tes bagages hors format. Nos vélos sont arrivés avec quatre jours de retard.
- Le tubeless : prévois de quoi faire « claquer » tes pneus sans compresseur, ou une bonne astuce de ficelle.
- Les réserves des Premières Nations : on ne les traverse pas sans autorisation. Demande, et respecte la réponse.
Tes questions sur le bikepacking au Canada
À Banff, dans l’Alberta. La route parcourt environ 4 340 km jusqu’à Antelope Wells, à la frontière mexicaine. Sa partie canadienne va de Banff à la frontière américaine, près d’Eureka (Montana) : 391 km et 4 855 m de dénivelé pour nous.
Compte deux jours. Nous avons fait 78 km le premier jour jusqu’au Stoney Park Campground, par Cochrane et la réserve Stoney Nakoda (avec l’autorisation de ses habitants), puis 73 km le lendemain par Canmore, soit environ 150 km, 2 000 m de dénivelé et un peu plus de 12 heures de selle. Les pistes cyclables de Calgary et les petites routes permettent d’éviter une bonne partie de la Highway 1.
Nous l’avons parcourue en 5 jours de vélo et environ 30 h 30 de selle, plus quelques jours de repos à Fernie. Les coureurs de la Tour Divide la bouclent bien plus vite.
Il faut surtout être préparé : bear spray à portée de main, nourriture rangée loin de la tente, et du bruit si un ours approche. Nous en avons croisé plusieurs, dont un grizzly et un ours noir à cinq mètres, sans incident.
Dans les campings (sans réservation à vélo, une trentaine de dollars), les campings en libre-service, en bivouac hors de vue de la route, ou chez l’habitant grâce à Warmshowers.
Nous y étions en juin, au moment où la Tour Divide part de Banff : il restait de la neige sur les sommets et dans les cols. Garde en tête que les ours sont de sortie de mai à octobre.
Les épisodes à écouter
Épisode 2 : « Le grand départ » (l’aéroport, les vélos restés à Paris, Mike et Monique, le premier jour)
Épisode 3 : « Le blues des premiers jours » (les larmes, Jim et Kristina, le grizzly, Mel)
Épisode 4 : « Une séparation risquée » (Elkford-Fernie, chacun son chemin, les ours de Julien)
Ils sont tous sur notre page podcast, sur Spotify, Apple Podcasts et Deezer. La suite, c’est le Montana, dans les épisodes 5 à 11 ! Pour d’autres récits, c’est par ici, et pour soutenir le blog, par là !
Marie-Liesse de Villele
Marie-Liesse de Villele, cofondatrice de Fast Won't Last. Depuis juin 2024, elle traverse les Amériques à vélo avec Julien, du Canada à la Patagonie, en privilégiant les pistes et le bivouac. Elle signe les articles du blog et raconte le voyage dans le podcast d'aventure à vélo du duo.
2 commentaires
Laisser un commentaire Annuler la réponse
Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.
Nicole Avril
Bravo !! Quel courage pour cette AVENTURE !!