Bikepacking au Montana : de la frontière à Helena

Cavalier portant le drapeau du Montana, sur la Great Divide en bikepacking

Le Montana, c’est le premier État américain qu’on traverse à vélo, et c’est lui qui nous a fait aimer les États-Unis ! Fin juin 2024, on passe la frontière canadienne à Roosville, près d’Eureka, puis on suit la Great Divide Mountain Bike Route (GDMBR) à travers les Rocheuses jusqu’à Helena, la capitale de l’État : 636 km et 7 935 m de dénivelé en deux semaines. En chemin, un ranch traversé en douce, une nuit en prison, un ranch à lamas sans lamas et notre premier rodéo.

Dans le podcast, Marie-Liesse et moi avons tout raconté à chaud à Jean-Mi. Ici, je reprends les moments qui nous ont le plus marqués, et je te donne ce qu’il faut savoir pour pédaler au Montana : l’itinéraire, les étapes, les ours, où dormir (souvent gratuitement) et pourquoi ton réchaud ne doit jamais voyager avec tes tortillas.

En bref

  • Quand : du 29 juin au 12 juillet 2024, à deux, juste après la partie canadienne de la Great Divide.
  • L’itinéraire : la Great Divide de la frontière canadienne (Roosville, près d’Eureka) jusqu’à Helena, par Whitefish, Bigfork, Seeley Lake, Ovando et Lincoln, avec quelques détours par la route.
  • Le parcours : 636 km et 7 935 m de dénivelé positif en 10 étapes (49 h de selle), commutes compris : nos petits trajets en ville pendant les jours de repos, à Whitefish et à Helena.
  • Dormir : chez des Américains rencontrés en route, dans des campings souvent complets l’été (25 dollars l’emplacement à Holland Lake), dans l’ancienne prison d’Ovando et au Llama Ranch, où tout est gratuit.
  • Les ours : grizzlis et ours noirs vivent aussi dans les Rocheuses du Montana. Bear spray à portée de main et nourriture loin de la tente, toujours.
  • Le folklore : une parade du 4 juillet à Condon et un rodéo à Helena. Sors ton chapeau de cow-boy !

Notre itinéraire au Montana à vélo

  1. Eureka → chez Dan et Dawn, dans les montagnes : 50 km et 699 m de dénivelé, nos premières montées américaines.
  2. Chez Dan et Dawn → Red Meadow Lake → Whitefish : une longue montée dans le brouillard, puis la descente le long du lac. Une journée de repos (et de pluie) à Whitefish.
  3. Whitefish → Bigfork : 76 km, presque tout sur route goudronnée.
  4. Bigfork → Condon : un col de gravel, puis une nuit au Veterans Camp Ponderosa, près de Condon.
  5. Condon → Holland Lake, par la route, le jour du 4 juillet.
  6. Holland Lake → Seeley Lake, par des pistes de gravel et un single track.
  7. Seeley Lake → Ovando : 51 km, sous un soleil de plomb.
  8. Ovando → Lincoln : 63 km.
  9. Lincoln → le Llama Ranch : 38 km, dont une heure à pousser les vélos.
  10. Le Llama Ranch → Helena : 70 km et plus de 1 000 m de dénivelé, sous 38 °C. Trois jours de repos chez Scott et Dawn, et un rodéo.
JourÉtapeKmD+Temps
1Eureka → chez Dan et Dawn50 km699 m4h26
2Chez Dan et Dawn → Red Meadow Lake → Whitefish69 km822 m5h11
–Commute à Whitefish3 km24 m0h12
3Whitefish → Bigfork76 km589 m5h04
4Bigfork → Veterans Camp Ponderosa, près de Condon66 km1 044 m5h47
5Veterans Camp Ponderosa → Condon → Holland Lake44 km345 m2h32
6Holland Lake → Seeley Lake62 km1 013 m5h15
7Seeley Lake → Ovando51 km592 m3h50
8Ovando → Lincoln63 km806 m4h34
9Lincoln → Llama Ranch38 km723 m3h11
10Llama Ranch → Helena70 km1 006 m5h42
–Commutes à Helena (2 jours)42 km272 m3h03
Total de la frontière à Helena636 km7 935 m48h47

Les temps sont des temps de selle, pauses non comprises, et les commutes sont nos petits trajets en ville pendant les jours de repos. Toutes nos traces sont sur la page Route & Stats, section « Banff > Sargents », et le détail de chaque journée sur le Strava de Julien.

Le Montana sur la Great Divide

L’Adventure Cycling Association, qui a tracé la Great Divide, découpe le Montana en deux cartes : de Roosville à Helena, puis d’Helena vers le Wyoming. Elle présente cette première section comme la plus exigeante de tout l’itinéraire : des cols à répétition dans les Rocheuses, des pistes forestières à perte de vue, et une ville pour se ravitailler tous les quatre ou cinq jours seulement (Adventure Cycling Association).

Notre plan, lui, tient en une phrase : suivre la Great Divide jusqu’à peu près la moitié de son tracé, puis bifurquer vers la côte ouest, Las Vegas, Los Angeles et San Diego. Les montagnes d’abord, la plage ensuite !

Ce qu’on a vécu au Montana

Le Far West, côté douane

À deux kilomètres de la frontière, une grille nous barre la route. Aucun panneau, ou alors on a décidé de ne pas le voir. On l’ouvre. Derrière, la cour d’un ranch, un pick-up, et un homme qui se fige en nous voyant surgir chez lui : deux cyclistes couverts de sacoches qui lui adressent de grands signes, tout sourire. Le temps qu’il retrouve l’usage de la parole, la grille est refermée de l’autre côté et on pédale comme jamais ! Ici, on le sait, les propriétaires ont souvent un fusil.

Pourquoi ce raccourci ? Parce que Marie-Liesse a encore mal aux mains depuis sa chute à Fernie, et que chaque caillou de la trace officielle lui remonte dans les bras. Alors on improvise. Et l’improvisation nous dépose, ce jour-là, au milieu de la propriété d’un Américain !

Au poste-frontière de Roosville, une autre question nous travaille : et si le fermier avait appelé ? Le douanier, lui, s’intéresse à autre chose. Cinq mois sur la Great Divide ? Il n’a jamais vu personne la faire aussi lentement. Suspect ! On nous installe dans une salle aux murs nus, où des agents nous observent de loin et reviennent, chacun à son tour, nous poser les mêmes questions. On garde notre meilleur visage de joueurs de poker. Quarante-cinq minutes, une prise d’empreintes et 30 dollars plus tard, la porte s’ouvre sur les États-Unis.

Eureka, la première ville, n’a rien d’une carte postale : des motels fatigués, une rue presque vide, et personne pour nous prêter un coin de jardin. Alors on fait comme tout le monde ici, on s’attable devant notre premier burger. Énorme, luisant, délicieux ! C’est la serveuse qui nous trouve un toit, ou plutôt une pelouse : un petit parc, au bout de la ville, où les cyclistes peuvent camper. Seule consigne, se méfier de l’arrosage automatique du matin. Bienvenue au Far West !

Dan, Dawn et Godzilla

Notre premier jour américain tient en trois chiffres : 50 km, 699 m de dénivelé et zéro endroit où dormir. La cabane forestière repérée sur la carte se réserve en ligne, et le réseau a disparu depuis le matin. De toute façon, elle est occupée. La suivante aussi. Un conducteur ralentit à notre hauteur pour nous le confirmer, poliment mais fermement : ici, on réserve. Le camping le plus proche est à vingt kilomètres. En montée, évidemment !

On s’écarte de la trace, à court de jambes et d’idées, quand on aperçoit un géant à la barbe blanche qui s’active dans son jardin. On lui demande, un peu timidement, s’il connaît un coin pour planter la tente. Il sourit : « Ici. Dormez chez moi. » Il s’appelle Dan. Avec Dawn, sa femme, et leurs deux chiens, il vit dans un chalet de bois au milieu des montagnes, coupé du monde l’hiver sous deux mètres de neige. Au fond du jardin sommeille un vieux trailer aux pneus crevés. Deux matelas, un peu de poussière, un toit : le Ritz !

Le chalet, où Dawn nous offre une douche, est tourné tout entier vers la télévision. Fox News y parle toute seule devant un canapé vide. Pas de table pour manger, mais des fusils aux murs et les trophées de chasse des parents de Dan. Au fond du jardin, une petite porte fermée nous intrigue. Bunker ? Arsenal ? « Le groupe électrogène », assure Dawn. On hoche la tête. On n’en croit pas un mot !

La nuit, je dors d’un œil. Dan a mentionné, l’air de rien, le grizzly qui traverse parfois le jardin, et il ne m’en faut pas plus pour imaginer un monstre façon Godzilla soulevant notre trailer comme une boîte de conserve. Au matin, le seul monstre en vue est une pile de pancakes, avec du bacon et des œufs au jaune coulant.

C’est là, entre deux bouchées, que Dawn pose un trousseau de clés sur la table. Sa maison de Whitefish est vide depuis la mort de son fils. « Allez vous y reposer, aussi longtemps que vous voulez. » On la connaît depuis moins de vingt-quatre heures !

Whitefish, la maison qui fait du bruit

La route de Whitefish ressemble à un décor de série. Une longue montée, puis une descente dans la brume, entre des sapins dont on ne voit pas la cime. Pas une voiture, pas un bruit : on se croirait dans Twin Peaks. Au bord de Red Meadow Lake, deux minutes de conversation avec des pêcheurs à la mouche nous coûtent une dizaine de piqûres de moustiques. Puis le ciel se déchire, et c’est le premier vrai déluge du voyage. Marie-Liesse enfile son pantalon de pluie. Moi, j’estime qu’on est presque arrivés. J’arrive trempé jusqu’à l’os.

La maison de Dawn a tout d’une maison du Montana : des têtes de cerf et d’ours aux murs, des fusils, une cuisine immense. Elle a aussi quelque chose de figé. Sur la table du salon, la photo de son fils, et ses cendres juste derrière. Au-dessus de notre lit, un poster géant de Donald Trump nous regarde dormir. Ou plutôt, nous regarde ne pas dormir : une heure après m’être endormi, j’entends dans le couloir un battement sourd et régulier, comme des pales qui tournent. Il n’y a pas de ventilateur. Je rallume la lumière, et je ne l’éteins plus.

Le lendemain, il pleut, alors on reste. Dawn passe avec ses petites-filles et nous parle de son fils, mort pendant un transfert en hélicoptère entre deux hôpitaux. Les pales. Je ne dis rien. Marie-Liesse, elle, en rit encore. Moi, je croyais déjà aux fantômes : cette nuit-là n’a fait que le confirmer.

Le 4 juillet, à Condon tu fêteras

Le plan était parfait : deux cols de gravel en une journée, et le 4 juillet au bord de Holland Lake, devant le feu d’artifice. Le premier col suffit à vider Marie-Liesse. Entre les deux, un campement nous glace le sang : des affaires partout, quelqu’un vit là à l’année, et personne. On ne s’attarde pas. On dévale jusqu’à la route, où le Veterans Camp Ponderosa, un camp de vétérans de l’armée américaine, ouvre sa pelouse à tous les voyageurs. La gérante nous apprend deux nouvelles. La mauvaise : plus aucun feu d’artifice n’est tiré à Holland Lake depuis des années. La bonne : à Condon, à quelques kilomètres, il y aura une parade, un repas et des épreuves à cheval. Changement de programme !

À 10 h, Condon est pavoisé. Défilent des chars, des cavaliers en costume, des pick-up hérissés de bannières étoilées. On est en pleine campagne présidentielle, dans un État où Donald Trump est chez lui, et la parade tient aussi du meeting : un char tourne Joe Biden en ridicule, les casquettes « Make America Great Again » sont partout. Pour nos yeux d’Européens, c’est un choc. On y voit un pays coupé en deux camps qui ne se parlent plus.

Au repas de la paroisse, payé au chapeau, des dizaines de t-shirts affichent trois lettres : « MFT ». On parie sur « Montana For Trump ». Perdu ! La vraie signification, qu’on nous livre en riant, est beaucoup moins politique et beaucoup plus fleurie. L’après-midi, des enfants sur leurs poneys, puis des cavaliers lancés au galop, enchaînent les épreuves de vitesse. « C’est comme au rodéo », nous glisse un voisin. Il n’en faut pas plus : on veut voir un vrai rodéo.

Le soir, Holland Lake nous offre un coucher de soleil splendide et des nuées de moustiques. On passe la soirée à se donner des claques (pour la bonne cause), puis à enfumer le camp avec un petit feu. Un couple qui s’en va nous laisse son emplacement, déjà payé. Le shérif, lui, réclame quand même ses 25 dollars. On met le réveil très tôt !

Seeley Lake, la square dance et les tortillas à l’essence

Au sortir de Holland Lake, la trace se faufile sur un single track, un sentier si étroit qu’un seul vélo y passe à la fois. En descente, c’est hypnotique : les troncs défilent, la forêt n’appartient qu’à nous, et Marie-Liesse vit le déclic de son voyage. Pour la première fois, elle se sent exactement à sa place, au point d’en avoir les larmes aux yeux. Au détour d’un virage, un homme est assis par terre, au milieu de nulle part. Dom, prof de yoga à San Diego, remonte la trace vers le Canada. Il nous laisse son numéro et une énigme : « J’ai dormi en prison. Vous verrez ! »

À midi, nos tortillas ont un goût d’essence. Dans la sacoche de la nourriture, j’ai aussi rangé le réchaud et la cartouche de gaz. Erreur de débutant ! On se venge le soir sur un burger, à Seeley Lake, où le camping est complet depuis des mois. Jeff, l’un des hôtes bénévoles, en jour de repos, fait le tour des emplacements à vélo pour nous dépanner. En vain. Il revient, échange un regard avec sa femme Ellen… et nous installe à côté de leur camping-car. On dîne avec deux retraités qui parcourent le monde pour danser la square dance, et on apprend qu’on est leurs premiers invités depuis deux ans.

Derrière les barreaux d’Ovando

Le lendemain, dès 9 h, le soleil a mis Marie-Liesse K.O. Heureusement, il n’y a que 51 km jusqu’à Ovando, un minuscule village qui revit grâce aux cyclistes de la Great Divide. Une boutique de réparation, un petit musée, et trois lits insolites réservés aux cyclistes : un tipi, une roulotte de berger et l’ancienne prison. Premiers arrivés, premiers servis. L’énigme de Dom est résolue : ce soir, on dort derrière les barreaux !

La dame du musée nous rappelle pourtant que tout n’est pas drôle à Ovando. En juillet 2021, une cycliste a été tuée par un grizzly, en pleine nuit, au camping du village. Depuis, tout le monde ici répète aux voyageurs les mêmes règles : pas de nourriture dans la tente, le bear spray toujours à portée de main. On écoute religieusement, on dîne dans un vrai diner façon Fargo, où une serveuse fait le tour des tables, la cafetière à la main, puis on va se coucher en prison, en espérant qu’aucun ours ne vienne frapper à la porte !

Le Llama Ranch, sans lamas

Depuis des jours, chaque cycliste croisé dans l’autre sens nous répète la même phrase : « Arrêtez-vous au Llama Ranch. » Le ranch se mérite. Il se cache derrière un hike-a-bike, une montée où le vélo se pousse au lieu de se pédaler, et la légende dit que John, l’un des propriétaires, réserve un diplôme au premier cycliste qui la gravira sans poser le pied à terre. Avec nos sacoches, notre drone et nos ordinateurs, le diplôme restera dans le tiroir !

On pousse une heure, à la fraîche, puis le ranch apparaît au fond d’une vallée à l’herbe grillée : une grande maison, des cabanes, deux alpagas (de lamas, il n’y en a plus), des chiens, des oies, et un frigo de boissons fraîches et de sandwichs en libre-service. Barbara accueille les cyclistes ici depuis vingt-cinq ans. John, lui, est arrivé il y a huit ans, à vélo, en faisant la Great Divide. Il n’est jamais reparti !

Ici, tout est gratuit, et les dons sont refusés. Barbara et John ne demandent qu’une chose : pay it forward. Les 20 dollars que tu aurais payés pour ta cabane, offre-les à quelqu’un d’autre, ou donne simplement de ton temps. Ce soir-là, dans la grande cabane qu’on a choisie, on se promet de ne pas l’oublier.

Helena, 38 °C à l’ombre

Les 70 km vers Helena finissent sur une grande route bruyante, sous 38 °C. Marie-Liesse, qui déteste la chaleur, arrive vidée. Aucun hôte Warmshowers n’a répondu, la fatigue fait le reste, et on se dispute comme rarement depuis le départ. Puis une réponse tombe, à la dernière minute.

Scott et Dawn forment un couple de cinéma. Lui : trapu, grosse moustache, fils de militaire, des phrases de trois mots. Elle : une robe à fleurs, un rire qui remplit la maison, et un jardin de magazine où des colibris viennent boire. On se croirait dans Desperate Housewives. Dans notre chambre trône un coffre-fort. « Une quinzaine d’armes », dit Scott. Puis, après réflexion : « Peut-être une trentaine. » Il l’ouvre. C’est un arsenal, avec une arme prévue pour chaque pièce de la maison. Au cas où.

Au fil des jours, Scott se déride. Il nous montre l’avion biplace qu’il retape dans son abri de jardin, pour décoller un jour de son propre champ. Il nous parle des feux de forêt dont on voit la fumée monter des montagnes. Le réchauffement climatique ? « Bullshit. » Puis il évoque les musulmans avec des mots qu’on ne reprendra pas ici. Je n’ouvre pas de troisième sujet. On se quitte pourtant en amis : au Montana, on apprend à partager un toit sans partager les mêmes idées.

Le vendredi soir, il nous emmène au rodéo. Des gradins de métal, des bières, une foule en chapeaux et santiags, et un programme qui commence… par des enfants accrochés à des moutons ! Puis viennent les tonneaux, le lasso, et huit secondes d’une seule main sur un taureau qui n’est pas d’accord. On applaudit, on frissonne, et le veau ligoté en quelques secondes nous serre un peu le cœur. Notre rodéo, on l’a enfin vu !

Avec le recul

On est entrés au Montana en craignant des Américains armés et méfiants. On en est repartis avec les clés d’une maison prêtée par une inconnue, une nuit en prison, un frigo en libre-service au fond d’une vallée et une liste de prénoms qu’on n’oubliera pas : Dan et Dawn, Jeff et Ellen, Barbara et John, Scott et Dawn. Des armes, il y en avait bien, et des idées très éloignées des nôtres aussi. Mais partout, une porte ouverte !

Infos pratiques pour un voyage à vélo au Montana

Passer la frontière et le visa

  • On est entrés aux États-Unis au poste-frontière de Roosville, au nord d’Eureka, là où passe la Great Divide.
  • Avec une autorisation ESTA, tu peux rester 90 jours au maximum. Pour prendre notre temps, on a demandé un visa touriste B1/B2 à l’ambassade des États-Unis à Paris, qui nous a permis de rester jusqu’à six mois.
  • À la frontière terrestre, compte des questions, une prise d’empreintes et des frais (30 dollars pour nous). Prépare une réponse claire sur ton itinéraire et ta date de sortie : cinq mois à vélo, ça intrigue !
  • Les panneaux « No Trespassing » sont partout. Ne traverse pas les ranchs, même à deux kilomètres de la douane.

Le relief et le terrain

  • Entre la frontière et Helena, compte en moyenne 1 300 m de dénivelé positif par tranche de 100 km (7 639 m sur nos 590 km d’étapes), avec des montées raides et souvent de la chaleur.
  • Avant le Llama Ranch, prévois environ une heure de hike-a-bike : le vélo se pousse.
  • Autour de Seeley Lake, la trace passe par des single tracks. Si tu es blessé ou fatigué, des routes goudronnées permettent des variantes, comme entre Whitefish et Bigfork ou entre Condon et Holland Lake.

Les ours au Montana

  • Grizzlis et ours noirs vivent dans les Rocheuses du Montana. En juillet 2021, une cycliste a été tuée par un grizzly à Ovando, en pleine nuit, au camping du village.
  • Ne garde jamais de nourriture ni rien qui sente bon dans la tente, et utilise les casiers anti-ours des campings.
  • Garde ton bear spray à portée de main, le jour comme la nuit.
  • Demande aux habitants et aux cyclistes qui remontent la trace : ils signalent volontiers les ours aperçus.
Grizzly et son ourson en forêt, au Canada

Où dormir au Montana à vélo

  • Les campings : en été, beaucoup se réservent et affichent complet des mois à l’avance, comme à Seeley Lake. Compte 25 dollars l’emplacement à Holland Lake. Les hôtes bénévoles des campings peuvent t’aider à trouver une solution.
  • Les cabanes du Forest Service : elles se réservent en ligne. Réserve tant que tu as du réseau, car il disparaît vite en montagne.
  • Les spots pour cyclistes : la prison, la roulotte et le tipi d’Ovando, le Llama Ranch (gratuit, en échange d’un geste pour quelqu’un d’autre), et le petit parc d’Eureka (gare à l’arrosage du matin).
  • Warmshowers : le réseau fonctionne, mais dans les grandes villes comme Helena, les réponses peuvent arriver à la dernière minute.
  • Chez l’habitant : demande avec le sourire. C’est comme ça qu’on a rencontré Dan et Dawn, puis Jeff et Ellen.

Chaleur, moustiques et logistique

  • En juillet, on a eu jusqu’à 38 °C en arrivant à Helena. Pars tôt et prévois beaucoup d’eau.
  • Au bord des lacs (Red Meadow Lake, Holland Lake), les moustiques sont redoutables : répulsif, manches longues et un petit feu le soir.
  • Plus au nord, autour de Whitefish, prévois la pluie et le brouillard.
  • Ne range jamais ton réchaud et ta cartouche de gaz avec ta nourriture.
  • Télécharge tes cartes hors ligne : le réseau est rare en montagne.
  • Pour manger, burgers, pizzas et diners sont partout, mais les prix sont élevés. Une pizza « medium » américaine nourrit déjà deux cyclistes affamés !

Le rodéo en cinq épreuves

Le rodéo est une institution au Montana, et l’été en est la saison. Voici ce que tu verras dans les gradins :

  • Le mutton busting : les enfants s’accrochent à un mouton le plus longtemps possible.
  • Le barrel racing : un parcours le plus rapide possible autour de trois tonneaux.
  • Le tie-down roping : le cow-boy attrape un veau au lasso, saute de son cheval et lui attache les pattes.
  • Le steer wrestling : le cow-boy saute de son cheval sur un jeune taureau et le plaque au sol par les cornes.
  • Le bull riding : tenir huit secondes d’une seule main sur un taureau, sous la protection des clowns de rodéo.

Tes questions sur le bikepacking au Montana

Au poste-frontière de Roosville, au nord d’Eureka, où passe la Great Divide Mountain Bike Route. Prévois des questions, une prise d’empreintes et des frais d’entrée.

Avec un ESTA, ton séjour est limité à 90 jours. Pour rester plus longtemps, il faut un visa touriste B1/B2, à demander à l’ambassade des États-Unis : le nôtre nous a permis de rester jusqu’à six mois.

Au Llama Ranch, entre Lincoln et Helena, qui refuse l’argent et demande de rendre la pareille à quelqu’un d’autre. Mais aussi chez l’habitant, avec le réseau Warmshowers, ou en demandant simplement à planter ta tente.

Oui, des grizzlis et des ours noirs. Nous n’en avons vu que quatre depuis Calgary, mais une cycliste a été tuée par un grizzly à Ovando en 2021. Nourriture loin de la tente et bear spray à portée de main, toujours.

Nous avons parcouru 636 km et 7 935 m de dénivelé en deux semaines : 10 étapes, plus quelques commutes pendant nos jours de repos à Whitefish et à Helena, soit environ 49 heures de selle.

Nous y étions de fin juin à mi-juillet : de longues journées, des lacs, des fêtes du 4 juillet et des rodéos, mais aussi des moustiques et des pics de chaleur jusqu’à 38 °C à Helena.

Les épisodes à écouter

Épisode 5 : « Nos premiers pas au Far West » (la frontière, Eureka, Dan et Dawn)

Épisode 6 : « Une fête nationale folklorique » (Whitefish, le 4 juillet à Condon, Holland Lake)

Épisode 7 : « Une nuit en prison » (le single track, Dom, Jeff et Ellen, Ovando)

Épisode 8 : « Craché dessus par un lama » (le Llama Ranch, Helena, le rodéo)

Ils sont tous sur notre page podcast, sur Spotify, Apple Podcasts et Deezer. Les épisodes y racontent aussi ce que je n’ai pas gardé ici : Lincoln, les pizzas « medium » servies en « large », les voyageurs croisés chez Scott et Dawn… La suite, d’Helena au Wyoming, c’est dans la partie 2 et les épisodes 9 à 11 ! Pour d’autres récits, c’est par ici, et pour soutenir le blog, par là !

Nos sponsors

Julien Roche, cofondateur de Fast Won't Last. Depuis juin 2024, il traverse les Amériques à vélo avec Marie-Liesse, du Canada à la Patagonie, en privilégiant les pistes et le bivouac. Il raconte le voyage sur le blog et dans le podcast d'aventure à vélo du duo.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.