Une envie d’aventure en bikepacking du Canada à la Patagonie

L’aventure en bikepacking commence proche de chez nous

Partir en bikepacking, qu’est ce que ça veut dire vraiment ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi avons-nous décidé de tout quitter pour nous lancer sur les routes du continent américain, du Canada à la Patagonie ?

Ce premier article de notre carnet d’aventure retrace notre cheminement et la préparation minutieuse de cette aventure hors norme. De nos hésitations initiales à la détermination sans faille de Julien, chaque étape nous a menés à ce moment clé : prendre nos vélos, dire au revoir au quotidien et pédaler vers l’inconnu.

Prêt à embarquer avec nous ? Alors, laisse-nous te raconter comment tout a commencé. 

Une envie d’aventure en bikepacking, c’est quoi ?

Une envie d’aventure en bikepacking, c’est une idée un peu folle qui surgit sans qu’on sache vraiment d’où elle vient. Alors, pour que tu comprennes comment nous en sommes arrivés à nous lancer sur la fameuse route Canada-Patagonie, voici un article pour te mettre dans le contexte.

Sur Wikipedia, une aventure en bikepacking est décrit comme suit : « Le bikepacking est une forme de cyclotourisme minimaliste qui se distingue du cyclotourisme traditionnel par la non-utilisation de porte-bagages, remplacés par des sacoches généralement fixées par des sangles au guidon, au cadre, ou encore à la tige de selle. »

Soyons honnêtes, cette définition ne fait pas vraiment rêver ! Pour Julien et moi, cette envie d’aventure en bikepacking sur le continent américain, était avant tout synonyme de liberté.

La liberté de choisir notre route, notre rythme, et les endroits que nous voulions explorer.

Le bikepacking, c’est aussi se plonger dans l’incertitude la plus totale. Chaque matin, nous sommes sur d’une chose : nous allons pédaler. Mais pour le reste ? Tout est à inventer. Allons-nous trouver un endroit où planter la tente avant la tombée de la nuit ? Aurons-nous de quoi manger après une journée d’effort ? Cette insécurité permanente pourrait être angoissante, mais elle est aussi grisante : elle nous force à vivre dans l’instant, à nous adapter et à accepter l’inconnu.

En réalité, peu importe la définition du bikepacking, car chaque voyage est unique. Un itinéraire, une météo, une rencontre, et l’expérience devient radicalement différente. Sur la route, nous avons vite compris que nous n’étions pas seuls à avoir eu cette idée. Au détour d’un sentier ou en partageant un feu de camp improvisé, nous avons croisé d’autres cyclovoyageurs, chacun avec son propre parcours, ses galères et ses petits bonheurs. C’est une grande communauté nomade, invisible aux yeux du monde sédentaire, mais pourtant bien réelle. Et c’est là toute la magie du voyage à vélo : partir seul, et se découvrir entouré.

Genèse de notre bikepacking trip : Canada – Patagonie

Un début à tout 

Nous rêvions tous les deux de cette aventure autour du globe. D’ailleurs, c’est ce rêve qui nous a fait nous rencontrer. Sans le savoir, nous partagions le même besoin de tout quitter pour partir loin. Julien voulait s’offrir un tour du monde pour ses 30 ans, et moi, avant mon master, je voulais explorer les paysages de Nouvelle-Zélande. Malheureusement, en 2020 (année de nos départs programmée), la COVID-19 en a décidé autrement.

Ce non-départ nous a pourtant permis de nous rencontrer au bureau. Un café en entraînant un autre, nous avons, un beau jour, sauté le pas et décidé de nous mettre ensemble. Après quelques mois de relation, Julien est parti en Colombie pour développer son agence de design à l’étranger. Et c’est là que tout a basculé.

CHANGEMENT DE CAP À 360°

Bien installé dans sa vie à Medellín, Julien oscille entre travail et entraînements au grand air avec son vélo. Il découvre les paysages spectaculaires de la Colombie et profite de cette liberté tant recherchée.

Un matin, son père l’appelle pour lui apprendre qu’il est atteint d’un cancer. Un appel père-fils déchirant, d’autant plus douloureux que des milliers de kilomètres les séparent. Cet événement marque le réveil d’une soif d’aventure qui sommeillait en lui depuis si longtemps.

Comme chaque week-end, il enfourche son vélo pour échapper à l’agitation urbaine. Au détour d’un sommet, il croise la route d’Oleg, un cyclo-voyageur parti d’Alaska, en route vers l’Argentine. Intrigué par son chargement impressionnant, il engage la conversation. Après un long échange, il lui propose de l’héberger quelques nuits. De cette rencontre naît un partage riche et inspirant qui pousse Julien à s’inscrire sur Warmshowers afin d’accueillir d’autres voyageurs en quête d’un toit.

Quelques jours plus tard, il prend son téléphone pour appeler ses associés. Sa décision est prise : il quittera ses fonctions à l’été 2024, dans deux ans. Un choix qui s’impose naturellement, tant sur le plan personnel que professionnel. Après dix années passées à co-diriger avec succès Blackballoon, une agence de design, il est temps pour lui d’explorer de nouveaux horizons.

Quant à moi, après presque quatre ans dans une startup spécialisée dans le bien-être physique et mental en entreprise, j’ai réalisé qu’il était temps de partir en quête du mien.

Une destination à choisir 

La prochaine étape était celle de choisir notre destination. Un sujet important quand il nous prend soudainement une envie d’aventure en bikepacking. Pourtant, nous avons réussi à nous mettre d’accord relativement vite. Nous avions plusieurs idées et envies. La plus simple à mettre en place : partir de la maison pour rejoindre l’Asie. Idée d’autant plus validée par moi, étant tombée amoureuse des pays asiatiques après un mois de backpacking aux Philippines et un stage de quelques mois à Hong-Kong. De son côté, Julien souhait commencer par le continent africain. Il a eu la chance d’y faire quelques séjours (à pied et à vélo pour une course d’ultra distance) ; ce continent ne l’a pas laissé indemne.

Alors, pour équilibrer la balance, nous avons choisi ni l’un ni l’autre ! C’est donc vers le continent américain que nous nous sommes tournés, et ce pour plusieurs raisons :

  • La première est assez pratique : les langues. Effectivement, nous maîtrisons tous les deux relativement bien l’espagnol ainsi que l’anglais.
  • Deuxièmement, Julien ayant déjà fait quelques expatriations en Colombie rêvait depuis toujours de traverser le pays à vélo.
  • Et enfin, je n’avais jamais mis un pied sur le continent (excepté 10 jours de vacances en Colombie pour rejoindre Julien).

En somme, sur ce continent, tout reste à découvrir pour nous deux ! Alors, nous avons fait nos bagages, vendu nos affaires et pris deux billets sans retour pour le Canada.

Notre préparation pour un voyage en bikepacking

Impossible de prévoir tout ce qui nous attend pendant les prochains mois, voire les prochaines années ! Mais on peut tout de même s’y préparer, que ce soit physiquement ou en choisissant soigneusement notre matériel. Et sur ces deux aspects, on a adopté des stratégies très différentes, Julien et moi.

Julien, ou la définition de la préparation

Je définis très souvent Julien par le trait de caractère que je chéris le plus chez lui : sa vision jusqu’au-boutiste, sans limite. Pourquoi faire bien quand on peut faire très, très bien ?

Ses lubies peuvent durer quelques jours… comme ce fameux jour où il s’est passionné pour le piano pendant le confinement. Temps effectif du piano à la maison ? Une semaine. Car, je cite : « C’est bon, j’ai fait le tour du sujet. » Pardon, Mozart ! Ou encore cette fois où il a acheté un vélo de course après avoir accompagné Hutchinson Cycling dans le lancement du pneu Touareg, notamment sur la direction artistique de la vidéo « Gravel has no rules ». Bon, cette folie-là est restée ancrée un peu plus longtemps que les autres (pourvu que ça dure !).

Alors, avec le soin que vous lui connaissez maintenant, Julien s’est lancé à la recherche de l’équipement parfait et à la conception de son voyage idéal. Il a passé des heures à comparer les cadres de vélo, les duvets, les réchauds… Tout a été minutieusement étudié et, croyez-moi, son setup vaut le détour.

Et côté physique, même rigueur : trois séances de sport par semaine, en plus d’un trajet domicile-travail de 30 km en vélo dans Paris. Son compte Strava est d’ailleurs assez impressionnant !

Bref, après un an dans les starting-blocks, Julien et son fidèle Tumbleweed étaient enfin prêts.

Marie-Liesse, un mélange d’instinct et de célébration

De mon côté, j’ai préféré faire confiance à mon instinct et aux conseils des autres. Nous suivions l’aventure de deux bikepackers, Sophie et Jérémy. Par chance, Sophie était passée par un bikeshop près de chez nous pour monter le vélo de ses rêves. Ni une ni deux, je suis allée au même magasin et j’ai demandé « LE vélo de Sophie ». Pas très original, mais une chose était sûre : soit c’était un excellent vélo, soit Sophie était une actrice de talent ! J’ai choisi de lui faire confiance, et à raison.

Bon, le vélo, c’est réglé ! Maintenant, la préparation physique ! Me connaissant, j’avais surtout besoin de fortifier mon mental. Alors j’ai dégoté les meilleures adresses de Paris pour donner rendez-vous à tous mes amis. Un soir sur deux, j’étais soit au théâtre, soit dans un bar à célébrer avec un peu d’avance notre départ. Crois-moi, c’est une préparation très solide qui demande énormément de lâcher-prise.

Nos sponsors

En somme, nous étions tous les deux prêts pour cette incroyable aventure. Mais avant de larguer complètement les amarres, nous avons organisé quelques voyages en mode cyclotourisme. Dans un prochain article, tu vas découvrir tous les événements sportifs auxquels nous avons participé avant notre départ.

Et si tu as envie d’en découvrir encore un peu plus, je t’invite à écouter notre podcast sur nos derniers préparatifs : « Une préparation déplorable ».

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